Lettre à l’humanité

  

Une femme révoltée

Un endroit du monde

Ville de son cœur 

Coordonnée en détresse


A « l’Humanité »

Adresse introuvable

Ville inexistante




Univers, Cosmos.


Objet : Lettre à l’Humanité

Je présente de regrettables compliments à l’humanité, puisque j’aurais préféré en user dans de meilleures circonstances, ou du moins les garder et même les étouffer dans des lieux dont je suis seule détentrice, et je n’ai point le regret de l’informer qu’elle a oublié son identité sur je ne sais quelle planète, car celle que nous clamons être la nôtre, la terre, ne nous reconnaît lamentablement plus, et ce, depuis bien des lustres : ceci étant dit, je vous laisse donc entrevoir la dangereuse frustration. Cette dernière, grandissante, s’étant revêtue de ces vêtements transpirants ‘’la révolte’’, et dans un souci de ne pas se déchainer totalement et seule, ne se lasse de se réunir en Assemblée Générale, en présence de ses consœurs : Madame la déception, Madame la colère, Madame l’exaspération, Madame la désillusion et la liste est immanquablement longue... 

Bonne note est prise, qu’aussi beau et fracassant que puisse résonner ce simple mot « humanité », nous donnant des excès de zèle, que nous perdons soudainement, majestueusement, mais surtout, silencieusement, lorsque vient l’instant fatidique de laisser des empreintes pouvant louer de par eux-mêmes notre engagement indiscutable, nous n’avons point hésité à construire un capital de tourments réfractaire face à une éventuelle possibilité d’amélioration progressive dans le temps. A l’échelle cosmique, nous avons atteint la magnitude de l’autodestruction perfectible puisque nous avons développé un amour profond pour la régression et sa constante amélioration, et dans un but qui échappe encore aux esprits aiguisés. 

   En conséquence, mes doigts tremblent d’incertitude et d’effroi face à l’étreinte mortelle de la réalité sanglante, qui se déhanche gracieusement sous le soleil d’amertume que nous avons façonné inconséquemment. Chaque pas brûlant vers nous, étant la confirmation que le sablier du temps annonce sans aucune délicatesse, l’arrivée de notre sort peint sur un tableau vindicatif : Aucune toile n’a jamais été aussi terrifiante car elle annonce l’imprévisible et l’absolu. Depuis bien des temps, j’embrasse, sans l’ombre d’une résistance, la douleur qui m’anime lorsque vient le moment de constater, avec le plus grand des regrets, l’anesthésie mentale dans laquelle nous sommes plongés et face à laquelle les plus grands nageurs se noieraient malgré eux-mêmes.

Je ne saisis aucune occasion, car votre entêtement les a toutes détruites, réduites en miettes, et rien ne vous sera renouvelé car le seul renouvellement acceptable est celui de toutes ces consciences enterrées sous les décombres de la démence humaine, qui nous contraint à contempler, non pas la beauté d’un horizon meilleur, mais celle d’un précipice illusoire, construit par notre folie, nos déséquilibres, condamnant ainsi chacun de ceux et celles qui sont poussés par la bête maléfique, sommeillant en eux mais qu’ils ont réveillée en faisant taire leur conscience. Finalement, sachez bien que l’assurance me manque terriblement pour vous transmettre des considérations, bien qu’étant nombreuses, mais qu’aucune d’entre elles ne fait le poids face à la hauteur de nos actions irréparables. 

Signée : Une femme révoltée.



Entre l'ancre et ma plume

par Belle Chery

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