La douleur

 

Le dénominateur commun de toutes les races sur cette planète…

Si vous n’avez jamais fait sa sombre connaissance, alors préparez-vous, car tôt ou tard, elle vous rendra une délicate visite et plus sa beauté est gracieuse plus dure et profonde sera la surprise de la désillusion et encore plus probable s’en suivra votre chute au fin fond du gouffre émotionnel…

Et, oh ! Madame ne fait jamais son apparition sans son cousin par alliance ‘’le traumatisme’’ accompagnée des membres de sa superbe famille : peine, chagrin, détresse, frustration, solitude, culpabilité, honte, colère, angoisse, regret, mélancolie…

Qu’elle soit vêtue d’une étoffe palpable ou non, nombreux sont ceux qui choisiraient la douleur physique car, de leur point de vue, ils savent que ce dernier échappe moins à leur contrôle et surtout ne crée nullement un cataclysme intérieur…

On n’en échappe pas, Qui le pourrait d’ailleurs ? Aussi brillant qu’on puisse être, avec ou sans tous vos diplômes, doctorat et postdoctorat, elle nous rattrape à la vitesse de la lumière. On aura beau jouer au clown toute notre vie, faire semblant de ne rien voir ni comprendre, ce que nous sommes s’incarnera toujours et encore indéniablement, car dans le cirque de la vie, elle détient un contrat renouvelable à perpétuité…

Ce sujet de malheur prend tellement de formes qu’on en vient à comparer nos souffrances sur une échelle de grandeur afin de se convaincre que l’une aurait plus de poids que d’autres…

Quelle absurdité !

Ta souffrance n’est ni supérieure ou inférieure ! on ne mesure pas la douleur humaine !

La douleur qui est la plus meurtrière est celle qui nous ronge l’âme et use notre esprit, traversant nos os alors qu’aucun diagnostic n’ait été posé, alors qu’aucun coup physique n’ait été porté, alors qu’aucun sang n’ait été versé. Etrange, non ? pourtant, elle est susceptible de nous aveugler au point de ne jamais pouvoir élucider la raison pour laquelle nos pas nous guettent vers la falaise d’un « sans lendemain » …

Certains ont eu l’immense courage de l’affronter au prix de je ne sais quoi et sans avoir été acclamé par quiconque, tandis que d’autres préfèrent se délecter de la fausse douceur du déni quotidien, et qui, ironiquement sont vénérés pour leur calme et leur sérénité ; a contrario, sous cette couche impassible se mue une réalité en putréfaction, qui si elle n’est pas réglée deviendra nauséabonde…

Quel qu’en soit le type, la douleur transforme les gens, peu importe le nombre de thérapies, de soutien moral, d’introspections personnelles, après y avoir gouté, on n’est plus jamais la même personne. Le bruit de son tambour est connu de tous, et aussi médiocre soit-on, notre corps dansera tout de même au rythme de sons rappelant la blessure infligée.

Libre à nous de choisir si nous la laisserons nous enseigner, nous guider, nous forger, du moins nous ouvrir les yeux sur nos forces et faiblesses, ou au pire devenir une alerte rouge ambulante, un panneau d’avertissement, incarner un agent destructeur à grande performance.

Tout compte fait ! je dois absolument vérifier si mon prochain rendez-vous n’est pas avec elle.

Entre l'ancre et ma plume

par Belle Chery

Commentaires

Articles les plus consultés

S’avait-il?

Demain

Je n’ai jamais compris